6 oct. 2014

6 conseils de sécurité à mieux connaître avant de prendre la route avec bébé

Contrairement à d'autres moyens de transport comme l'avion ou le train, chacun est responsable de sa conduite lors d'un trajet en voiture, et par voie de conséquence, responsable de la vie de sa famille, et de bébé en particulier. Impossible de ne pas y penser. Pourtant on continue tous d'ignorer un certain nombre de connaissances simples permettant d'éviter les comportements à risques responsables de la majorité des accidents. Parent responsable, avant de prendre la route, il est utile de réviser son comportement, et de mieux connaître en particulier les six conseils de sécurité qui suivent. 


Dans l'ADN de ce blog, il y a l'idée qu'avoir un bébé est une puissante source de motivation pour acquérir de nouvelles connaissances. Il suffit souvent de penser à la petite bouille de son enfant, pour trouver l'énergie et se dire : "ok je veux maîtriser ce sujet". On a tous vraiment envie d'assurer avec ses enfants, et d'être globalement de meilleurs parents. Ce sentiment nous donne des ailes pour apprendre des tas de choses intéressantes et utiles à la fois.

La sécurité en voiture est un sujet dont on a tous déjà entendu parler. Bien souvent, on n'a jamais pris le temps d'aller au delà des messages de base des campagnes de sensibilisation. Dans l'article qui suit, vous trouverez les 6 conseils de prévention routière les plus importants qui correspondent aux causes principales relevées à ce jour dans les accidents de la route.

Pour chacun de ces 6 conseils, votre objectif devrait être d'apprendre quelque chose de nouveau aujourd'hui. En sachant que c'est peut être un jour un de ces ces nouveaux "détails" qui feront un jour la différence et qui vous aideront à éviter un accident.

A vrai dire, 6 conseils c'est déjà beaucoup à retenir. Essayez donc de les lister dans votre tête après avoir lu cet article, et vous verrez. C'est pourquoi, il peut être utile de distinguer au préalable trois catégories de conseil :
  1. Ceux qui touchent à votre état de santé 
  2. Ceux qui touchent directement à votre conduite
  3. Ceux qui touchent aux comportements à l'intérieur du véhicule
Les deux premiers conseils peuvent se ranger dans la première catégorie, les deux suivants dans la deuxième, et les deux derniers dans la troisième. Essayez, vous verrez qu'il est plus facile ensuite de se rappeler des différents conseils à partir de ces trois catégories. Ces dernières vous fourniront de plus un cadre utile pour vous aider à mieux mémoriser encore d'autres conseils de sécurité que les six principaux présentés ici.

Les statistiques d'accident ces dernières années, font encore état en France de plus de 3000 morts sur la route, et de plus de 50 000 blessés. Ces chiffres ne sont cependant pas une fatalité, la conception des routes et des véhicules, l'amélioration des soins, et aussi des comportements des usagers permettent de réduire le nombre de tués et de blessés sur la route. La tendance est à la baisse d'année en année, et la progression est particulièrement nette si on remonte à 1972, année qui détient le triste record de plus de 16 000 personnes tuées sur la route en France. Les chiffres de l'accidentologie sur les routes en France, issues soit dit en passant de l'ONISR (Observatoire National Interministériel de la Sécurité Routière), sont intéressants à lire et à suivre même par le grand public. Leur vertu est notamment de nous aider à prendre conscience et à mieux connaître les dangers de la route, car chacun d'entre nous à un rôle à jouer, à son échelle, pour lutter contre ce fléau. 

Parent responsable, il est temps de mieux connaître vous aussi les 6 facteurs de risque qui suivent, et ce qu'il faut savoir pour mieux s'en prémunir : consommation d'alcool, fatigue ou somnolence, vitesse, distance de sécurité entre véhicule, le fait de s'attacher correctement, et téléphone au volant.   

1) Faire attention à sa consommation d'alcool

Non ce n'est pas une tarte à la crème, l’alcool est toujours l'une des premières causes de mortalité sur la route (20% des accidents mortels). Même à petite dose, l’alcool agit directement sur le cerveau. De nombreuses campagnes de sensibilisation ont eu lieu sur ce sujet. Mais il est encore utile de se rafraîchir la mémoire et d'approfondir ce sujet pour éviter de se mettre soi même et sa famille dans des situations à risque. 

L’alcool a un effet désinhibiteur et euphorisant qui modifie la perception des risques (vitesse, distance, conditions pour dépasser…). Il provoque une mauvaise coordination des gestes, un allongement du temps de réaction ; il trouble la vision ; il favorise l’agressivité, la somnolence … Autant d’effets qui invitent à ne jamais mélanger alcool et conduite.

En France, le taux d'alcool maximum présent dans le sang autorisé au volant est de 0,5 gramme/litre. D'autres pays en Europe sont plus strictes. En Hongrie et en République Tchèque par exemple, l'alcoolémie maximale autorisée au volant est tout simplement de 0,0 g/l. En Suède elle est de 0,2g/l. 

La même quantité d’alcool absorbée n'aboutit pas exactement ensuite au même taux d'alcool dans le sang selon les individus. Il est influencé par de nombreux facteurs physiologiques (sexe, poids…) et même génétiques. Il pourrait être intéressant de connaître sa propre sensibilité physiologique à l'alcool. Il n'est cependant pas facile aujourd'hui pour un particulier de se procurer un éthylomètre lui permettant de mesurer précisément son alcoolémie quand il le souhaite. En revanche, depuis 2012, il est obligatoire de posséder un éthylotest (permettant de savoir si on a dépassé ou pas le seuil des 0,5g/l) dans sa voiture en France. 

Afin de modérer sa consommation d'alcool, il est utile de retenir les informations qui suivent. La sensibilité à l'alcool varie légèrement à la hausse ou à la baisse selon les individus, mais les moyennes donnent des points de repères utiles à tous. 
  • Globalement on se souvient qu'il suffit d'environ 2 verres pour atteindre l'alcoolémie limite de 0,5g/l à ne pas dépasser
  • Plus précisément, pour un homme de 75 kg, les quantités d'alcool ci-dessous aboutiront en moyenne à une alcoolémie de 0,2g/l 

  • Pour une femme de 60 kg on considère que les même quantités ci-dessus donneront en moyenne un taux d'alcool dans le sang de 0,3g/l dans le sang. 
Concernant l'élimination de l'alcool, il est utile également de retenir que :
  • Le taux d'élimination de l'alcool est en moyenne de 0,15 g / litre de sang / heure
  • On ne peut augmenter pas cette vitesse d'élimination (boire, bouger... ne permettent pas d'accélérer sensiblement l'élimination de l'alcool) 
  • Le taux d'alcool maximal est atteint 1/2h après une absorption à jeun, 1h après une absorption au cours d'un repas (l'alcoolémie continue à monter juste après le dernier verre, et il faut savoir en tenir compte)
Parent responsable, il est sage de toujours viser d'avoir une alcoolémie maximum de 0,2g/l quand on prend le volant, plutôt que de fleurter avec la limite autorisée en France des 0,5g/l. 

On prendra donc les marges de temps nécessaires (il faut apprendre à faire ses calculs et utiliser un éthylotest dès qu'on a le moindre doute), et on s'abstiendra même si possible complètement de boire les jours où on prend le volant, car c'est toujours la solution la plus sûre.

2) Faire attention à la fatigue et à la somnolence au volant 

Première cause de mortalité sur les autoroutes (responsable d’1 accident sur 3), la fatigue et la somnolence au volant doivent être prises très au sérieux. Les deux phénomènes sont dangereux mais il est important tout d'abord d'apprendre à les distinguer, car la réaction à avoir face à l'un et à l'autre n'est pas la même  : 
  • La fatigue c'est la difficulté à rester concentré. 
  • La somnolence, c'est la difficulté à resté éveillé. 
La fatigue se manifeste par le picotement des yeux, le raidissement de la nuque, les douleurs de dos et le regard qui se fixe. Dès que l'on ressent les premiers signes de fatigue, la solution est relativement simple : il faut impérativement faire une pause. On retiendra aussi que "toutes les deux heures la pause s’impose !" car la conduite entraîne intrinsèquement un effet de fatigue sur le conducteur. 

La somnolence se manifeste par des bâillements et des paupières lourdes. Elle entraîne aussi des périodes de « micro-sommeils » (de 1 à 4 secondes) pouvant être extrêmement dangereuses. Dans le cas de la somnolence, la pause ne suffit plus, il faut alors trouver au plus vite un hébergement pour dormir s'il est déjà tard, ou s'arrêter au minimum 20 minutes pour se reposer et dormir un peu avant de reprendre le volant. 

La somnolence est due généralement soit à une dette de sommeil (fréquente notamment chez les parents avec des enfants en bas âge), soit à la prise de certains médicaments et à leurs effets secondaires (en France, plus d’un tiers des médicaments commercialisés sont munis d’un pictogramme mentionnant leur dangerosité potentielle en matière de conduite). 

Pour éviter les risques de somnolence sur la route, il est préférable de prendre la route après une nuit de sommeil réparateur et de ne pas se lever trop tôt à une heure inhabituelle. De même, il est déconseillé de partir après une journée de travail sans s’être reposé.

En tant que parent, on peut être parfois tenté de voyager de nuit en partant tard le soir, ou en partant très tôt le matin. On souhaite ainsi que bébé dorme davantage dans la voiture pendant le trajet, et éviter au passage les risques de bouchons. Cependant, il ne faut pas surestimer ses capacités, et sous estimer le risque de somnolence, surtout quand on est déjà pas mal fatigué par ailleurs. Décaler brusquement ses horaires de sommeil, et voyager tout une partie de la nuit avec un bébé, peut alors souvent vous faire courir un risque trop important par rapport au gain espéré. Le jeu n'en vaut probablement pas la chandelle !

3) Respecter les limitations de vitesse 

Deuxième cause de mortalité sur les routes, l'excès de vitesse provoque et aggrave les accidents. Elle les provoque car elle réduit les possibilités de manœuvrer à temps. Elle les aggrave puisque plus on roule vite plus le choc est violent et plus les conséquences sont dramatiques.Tout choc frontal au-dessus de 80 km/h entraîne quasi inévitablement la mort ou des séquelles irréversibles pour tout passager, même ceinturé. Pensez aussi à redoubler de vigilance la nuit. Les feux de croisement n’éclairent qu’à 30 mètres. A partir de 70 km/h, l’obstacle qui surgit dans la zone éclairée est alors inévitable.

4) Respecter les distances de sécurité entre véhicule

Elle correspond d'un point de vue réglementaire à la distance parcourue par votre véhicule pendant deux secondes. Elle augmente donc avec votre vitesse. Pourquoi deux secondes ? Parce qu'en cas de freinage brusque du véhicule devant vous, c'est le temps nécessaire qu'il faut en moyenne pour avoir le temps de réagir puis de freiner suffisamment afin d'avoir une chance d'éviter le carambolage.

Pour connaître la distance réglementaire de sécurité entre véhicule à respecter en fonction de votre vitesse, vous pouvez faire un rapide calcul mental : on obtient la distance de sécurité en mètres, en multipliant la vitesse en km/h par "2*1000/3600", soit "grosso modo un peu plus de la moitié de votre vitesse" (exemple à 50km/h, il faut une distance de sécurité d'environ 28 mètres, à 90km/h, environ 50m, et à 130km/h, environ 72m). Sur l'autoroute on retient aussi la règle "1 trait = danger, 2 traits = sécurité". En effet, les lignes délimitant la bande d’arrêt d’urgence mesurent 39 mètres et sont espacées entre elles de 13 mètres. 2 traits correspondent donc à environ 90 mètres de distance (39+13+39=91), ce qui est même légèrement supérieure à la distance de sécurité à respecter prévue par la loi à 130 km/h. La sécurité c'est aussi ça : savoir prendre un peu plus de marge !  Ce qu'il ne faut d'ailleurs pas hésiter à faire dès lors aussi qu'on est fatigué, ou que la météo est mauvaise par exemple. 

5) Bien s’attacher en voiture, c’est partout et tout le temps

Savez vous que  la violence de l’impact d’une collision à 50 km/h équivaut à une chute du 3ème étage d’un immeuble ? Pourtant, 66 % des enfants sont encore mal ou pas attachés en voiture. Pour de courts trajets, même à vitesse réduite, on s’attache tout le temps, dès la sortie de la maternité, au quotidien, et partout où vous partez en vacances.

Les sièges bébé mal installés sont aussi un problème. N'hésitez pas à prendre le temps nécessaire, avant de partir, pour bien installer le vôtre. Les systèmes d'attache des sièges bébé avec les ceintures de sécurité des banquettes arrières varient selon les modèles. Il est souvent nécessaire de lire le mode d'emploi la première fois, et l'installation peu prendre facilement un bon quart d'heure... Les systèmes de fixation des sièges bébé compatibles avec la norme ISOFIX sont à privilégier dans la mesure du possible car il diminue le risque de mauvaise installation. En cas de doute, il est aussi possible de demander à un gendarme  de vérifier que son siège bébé est bien installé. 

6) Eviter l'usage du téléphone et des applications mobiles qui détournent l'attention au volant

Près d'un accident sur dix serait du à l'usage d'un téléphone au volant. Le téléphone, mais aussi toutes les applications mobiles susceptibles de détourner l'attention du conducteur présentent un risque : SMS, Email, Video, Jeux... 

Écrire un message en conduisant multiplie le risque d’accident par 23 : il oblige le conducteur à détourner les yeux de la route pendant en moyenne 5 secondes. Les dangers du téléphone au volant sont à prendre particulièrement au sérieux aujourd'hui, d'autant que ces petits appareils ne cessent d'évoluer et de se rendre toujours plus présents et parfois aussi intrusifs.  

Sur le plan réglementaire en France, l'usage d'un téléphone tenu en main est interdit pendant la conduite (135€ d'amende et 3 points de retrait au permis de conduire). En revanche, l'usage d'un kit main libre n'est pas interdit par la loi.

Par prudence, on recommande, surtout avec des enfants à bord, de limiter la prise d'appels au volant, même avec un kit main libre ainsi que toutes les manipulations directes de son téléphone. Prenez l'habitude de vous arrêter si nécessaire ou de demander à votre conjoint de vous occuper de votre téléphone lorsque vous avez les mains sur le volant.

Pour aller plus loin

Deux sites web vers lesquels pointe de nombreuses fois cet article, et dans lequel il y a encore beaucoup d'autres conseils utiles : 

Autres suggestions pour aller plus loin : 
- Pourquoi pas s'offrir par exemple un petit stage de formation à la sécurité routière et au freinage d'urgence sur circuit (c'est pour la bonne cause et ça peut aussi être un bon moment) ?
- Les plus férus de technologies s'intéresseront également aux avancés des différents systèmes d'aide à la conduite (ADAS - Advanced Driving Assistant Systems) déjà disponibles sur certains véhicules (régulateur de vitesse, détecteur d'obstacles, de franchissement de lignes blanches...) et à leurs avancées à venir (à quand les premiers vacanciers qui partiront avec des véhicules autonomes sur nos routes ? 2017, 2020, 2025 ?). Mais dans tous les cas, que vous soyez technophile ou pas, n'oubliez pas les conseils ci-dessus encore au moins pour quelques années !

Bonne route avec bébé !