27 août 2015

L'autorité en voyage avec un jeune enfant : 3 conseils essentiels à retenir

Sujet complexe et délicat : l'autorité en voyage avec un jeune enfant. Savoir dire non, au bon moment, de la bonne façon... Aimer et respecter son enfant tout en sachant fixer certaines limites (mais lesquelles ?). Tous les parents sont régulièrement confrontés à cette question de l'autorité vis à vis de leurs jeunes enfants. Et en voyage cela peut parfois se corser : on passe plus de temps ensemble, on fait face à de nouvelles situations... Vous redoutez des crises avec votre enfant, ou de vous mettre un peu trop en colère parfois ? Voyons ensemble rapidement trois conseils essentiels pour une autorité aimante et respectueuse.

Un équilibre à trouver

Il y a deux écueils que chacun essaie d'éviter en tant que parent : le premier est de trop souvent vouloir commander son enfant et avoir le dernier mot — indistinctement. Le deuxième est de trop laisser faire, de ne jamais imposer de limite ou d'oser contrarier son enfant. 

Si on pousse plus loin encore, ces deux écueils peuvent déboucher sur diverses formes de maltraitance : violences physiques et psychologiques, ou négligences conduisant à des situations pendant lesquelles l'enfant peut se retrouver gravement en danger. 

Un parent qui fait preuve d'une autorité aimante et respectueuse trouve un juste milieu, un chemin qui reste à distance de ces deux écueils (l'autoritarisme et le laxisme).

Accepter les tensions parent-enfant

Inévitablement les besoins et les désirs d'un enfant, quel que soit son âge, vont parfois à l'encontre de ceux des parents. Nier cette réalité mène à la discorde. Croire qu'avec de l'autorité (quelle qu'en soit sa source), l'enfant obéira toujours parfaitement, que toute tension disparaîtra... est une hérésie.

Il y aura toujours des tensions parent-enfant et chaque situation nécessitera une attention particulière pour être résolue du mieux possible. Dès son plus jeune âge l'enfant à des besoins (alimentation, sommeil, affection...) qu'il exprime à sa façon, avant même de pouvoir parler, et qui ne sont pas toujours du goût des parents. En grandissant ses moyens d'expressions et ses centres d'intérêt s'élargissent. Les tensions parents-enfants demeurent et évoluent.

Au-delà des différences de besoins et de désirs, ces tensions parents-enfants sont aussi dues à des différences de fonctionnement émotionnel fondamentales, qui sont très souvent largement amplifiées par notre ignorance à ce sujet. Les enfants ressentent les émotions de manière beaucoup plus intenses et rapides que les adultes. Chacun peut le constater au contact des enfants et le phénomène est aussi mieux compris aujourd'hui grâce aux avancées des neurosciences. Les jeunes enfants se mettent en colère, rient, pleurent... à une vitesse et pour des motifs que des adultes jugent bien souvent déraisonnables ou inacceptables. Alors qu'il s'agit avant tout de différences physiologiques !

On pourrait parler aussi de l'importance pour les parents de reconnaître et d'accepter leurs propres émotions et du rôles de celles-ci... mais plus globalement, et pour ne pas s'étendre trop longuement sur ce sujet, retenons, de manière plus générale, l'existence inhérente de dissonances émotionnelles entre parents et enfants qui expliquent aussi — à l'instar de nos différences de besoins et de désirs —ces tensions avec notre progéniture que nous devons commencer par accepter, si nous voulons avoir une chance ensuite de mieux les résoudre.

Un parent qui fait preuve d'une autorité aimante et respectueuse reconnaît ces tensions lorsqu'elles apparaissent. Il traite son enfant comme une personne à part entière, et détermine en fonction de chaque situation, le meilleur moyen de les résoudre.  

Laisser choisir, imposer ou négocier

Lorsqu'une tension parent-enfant survient, trois principaux types d'option s'offrent à nous : 
  • laisser choisir notre enfant
  • imposer notre choix
  • négocier
Un parent qui fait preuve d'une autorité aimante et respectueuse essaie de choisir l'option la plus adaptée à chaque situation. Il utilise ces trois options à bon escient. Une erreur très courante consiste à partir du principe que nous n'en avons qu'une seule à notre disposition, et dès lors de toujours utiliser la même stratégie.

Ainsi un parent enclin à l'autoritarisme, exigera par exemple l'obéissance de son enfant pour tout... il se figera dans une posture hiérarchique, imposant à l'enfant son bon vouloir, même pour des choses futiles. Souvent ce parent justifiera sa posture par la croyance erronée qu'un manque de constance de sa part ruinerait son autorité. Alors qu'on contraire, être juste est primordial pour se faire respecter d'un enfant. Pire, il n'est pas rare d'entendre encore de nos jours, que les petits enfants sont comparables à des chiots qu'il faudrait élever dans la crainte de l'adulte, qu'il est important d'exercer sur eux une domination sans faille... discours abjecte, parce qu'il nie l'enfant en tant que personne, et absurde compte tenu de la réalité physiologique du cerveau des enfants.

Toutefois, imposer un choix, une règle, ou une limite est parfois aussi la meilleure solution. Il ne faut pas alors hésiter à se servir de cette option. Voici quatre astuces à connaître qui peuvent aider dans ce cas : 
  • Avec un tout-petit, nous pouvons et devons faire usage de notre force physique d'adulte qui nous permet de porter l'enfant, de le ramener dans une autre direction...
  • Avant de parler ou d'agir, il est important de se rappeler que l'on n'a ni besoin de crier, ni de répéter pour se faire comprendre. Ce faisant, notre ton devient naturellement plus convaincant sans avoir besoin d'élever la voix.
  • Accompagner verbalement en expliquant rapidement notre choix : « il en va de sa sécurité, il existe une règle commune auquel nous tenons, nous avons une contrainte en tant qu'adulte (temps, argent...) avec laquelle nous sommes obligé de composer, etc. »
  • Enchaîner éventuellement sur d'autres sujets attrayants pour l'enfant pour l'aider à ne pas rester bloquer trop longtemps sur son sentiment de frustration. 
De même, pour les deux autres options « trop laisser choisir » et « négocier », celles-ci doivent avant tout être utilisées à bon escient et non de manière exclusive. S'en tenir à une seule des ces options aboutit en effet également à de nombreux dommages pour l'enfant et pour sa relation avec ses parents : problèmes de repères, d'égo, de compréhension du monde... toute sorte de maux qu'il serait un peu long de développer ici et qui le sont d'ailleurs fort bien dans de nombreux ouvrages disponibles sur l'autorité et l'éducation, ou la pédopsychiatrie.

Utilisée dans les bonnes situations, l'option « laisser son enfant choisir », respecte son besoin d'autonomie, souvent très fort des tout-petits, et lui permet d'appréhender le monde de manière active, de laisser s'exprimer sa nature profonde, d'apprendre de ses erreurs... Un petit bobo est parfois aussi une leçon de vie. Il ne sert à rien de vouloir absolument les éviter (de toute façon ce serait en pratique impossible). C'est aussi une bénédiction pour un parent de pouvoir observer son enfant avec bienveillance se débrouiller par lui-même. De se laisser conduire par lui dans toutes sortes de jeux et d'interactions dont seuls les enfants ont le secret.

Et en vacances justement, il est sage parfois aussi de ne pas s'en tenir trop strictement et à la lettre à toutes les règles du quotidien. Pour prendre trois exemples communs : à l'occasion et dans certaines conditions, manger avec ses doigts, commencer par du sucré ou encore dépasser l'heure habituelle du coucher, n'ont jamais fait de mal, bien au contraire ! 

Enfin, lorsqu'elle est à propos, l'option de « négocier » a aussi son charme et ses avantages. Elle est une façon tout d'abord de mieux comprendre les désirs de son enfant. Il n'est pas rare d'ailleurs de se rendre compte au bout de quelques secondes qu'on se méprenait totalement sur ceux-ci. Que le besoin en question est en fait bien plus accessible que ce que nous croyions initialement, qu'il ne coûte presque rien pour ainsi dire. Les besoins et centres d'intérêts de nos enfants sont parfois tellement plus poétiques que nous autres, adultes prosaïques ! L'option de négocier est aussi souvent l'occasion d'entrevoir et d'élaborer des nouvelles solutions qui satisfont finalement mieux les deux parties, adulte et enfant.

Récap : 3 conseils à se rappeler et à emporter avec vous en vacances avec votre tout-petit

  • Restez à distance des deux écueils de « trop exiger » et de « trop laisser faire »
  • Acceptez les tensions qui peuvent naturellement apparaître entre parents et enfants
  • Utilisez à bon escient chacune des trois options qui s'offrent à vous en cas de tension à résoudre : laisser choisir, imposer et négocier
Si vous arrivez à vous souvenir de ces trois conseils et à les mettre en pratique à votre façon (chaque parent a sa propre personnalité et doit trouver sa manière d'incarner une autorité aimante et respectueuse), vos vacances et voyages avec votre tout-petit seront bien plus agréables et enrichissants pour lui comme pour vous.

Et vous, qu'en pensez-vous ? Des questions ou des remarques ? Des astuces à ajouter ?